
Salle à manger à la campagne, 1913
Au-dedans, au-dehors
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La table et le jardin, 1934
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15 février 2008 à 8:17 (Artistes)
Tags: Fenêtre, France, Impressionniste, Paysage, Peinture, Pierre Bonnard, Vernon



12 février 2008 à 10:04 (Artistes)
Tags: France, Henri Matisse, Orientalisme, Peinture

3,86 m x 2,92 m, Papiers gouachés et découpés, marouflés sur toile
Centre Pompidou
La Tristesse du roi, ouvrage réalisé à Nice, à l’hôtel Régina où Henri Matisse est installé depuis 1949, est l’ultime autoportrait du peintre, portrait d’un vieillard jouant la musique pour se distraire de la mélancolie et apaiser ses maux. Un tableau monumental composé en gouache découpé, qui résume la richesse et la liberté créative de la technique de papier coloré en morceaux.
En effet, au moment de réaliser cette œuvre prodigieuse, la mobilité de Matisse était largement réduite pour cause de sa maladie. Dans les films documentant la création tardive de Matisse, nous voyons comment l’artiste dirige son assistante à épingler et déplacer les morceaux de papier sur le mur jusqu’à trouver la composition souhaitée. Certes, les papiers découpés ne sont pas forts en modelé subtile et en contour sophistiqué, l’artiste doit se contenter des figures simplifiées, des tons purs, de ne jouer que sur les rapports d’équilibre et de contraste entre les couleurs – blanc-noir, rouge-vert, bleu-jaune, etc. La contrainte physique n’a cependant pas astreint la moindre liberté formelle de son expression.
Dans ce tableau, Henri Matisse se représente par une masse noire, ressemblant à sa silhouette assise dans son fauteuil roulant, accompagné de la danseuse en blanc, incarnation des “voluptés calmes”, et de l’odalisque verte qui représente l’Orient et la beauté arabesque. Les ovales jaunes qui entourent la figure de Matisse symbolisent les notes de musique. Le sens expressif de ces ovales volants en forme de pétale est cependant ambigu. Expriment-t-ils la gaîté et le bonheur de la musique, puisque l’artiste est connu pour sa joie de vivre et pour son amour de la volupté? Ou probablement c’est la mélancolie du roi (Matisse) qui se figure dans le mouvement descendant des pétales jaunes soulignant la tristesse dans sa légèreté plutôt que la jouissance chantante de la musique?
L’œuvre de Matisse est arabesque, la surface est remplie de petits motifs décoratifs, comme si c’était par la crainte du vide. Or la composition poursuit le mouvement de la vie, et l’organisation de la surface s’assimile au rythme de l’organisme vivant, qui se libère de la rigueur mathématique de l’art islamique. La forme et les motifs choisis dans cette toile ne sont pas pris au hasard. Formellement, La Tristesse du roi se réfère à une toile de Matisse réalisée en 1939, La musique, à la série d’odalisque réalisée majoritairement dans les années 1920, et à la danse, thème récurrent dans les peintures de Matisse. Ce sont les plaisirs qui ont marqué la vie du peintre. Le sujet de la mélancolie et de la musique est inspiré d’un tableau de Rembrandt, David jouant de la harpe devant Saül, sur lequel Matisse entasse le thème de vieillesse et de souvenir du temps passé, reprise de La Vie antérieure, poème de Baudelaire:
J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.
C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
— Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Huile sur toile, 115.2 x 115.2 cm
Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, NY



Seattle Art Institute

En comparaison avec l’Odalisque d’Eugène Delacroix:

Huile sur bois, 35,5 x 30,5 cm, Collection privée

Musée de Peinture et de Sculpture, Grenoble
5 février 2008 à 10:53 (Artistes)
Tags: Abstraction, Allemagne, Figuration, Gerhard Richter, Peinture, Réalisme (dans l'art)
L’œuvre de Gerhard Richter est d’une contradiction bouleversante. De l’abstraction à la figuration presque photoréaliste, du lyrisme au réalisme, de l’alternation entre la composition rigoureuse et la production imprévisible, entre la perfection technique et le hasard accidentel, le chemin de Gerhard Richter est pavé des grands débats artistiques de son temps. 40 ans de créativité artistique, c’est un itinéraire d’inconstance permanente, ou celui empierré des tentatives à l’harmonisation des incompatibles ? N’est-ce pas une interrogation permanente sur soi, sur l’essence de la contradiction, ou bien plutôt, une culturation du doute qui relie le surface du regard et la profondeur de l’être ? Envoûtantes comme la surface des toiles, ses œuvres sont à la fois d’une simplicité et d’une complexité attendrissante. Soutenue entre le réel et le formel, la surface du regard est une chose très particulière. Silencieuses, raffinées, ses œuvres semblent vouloir nous dévoiler l’essence du regard innocent, nous faire immerger dans l’univers des couleurs, explorer le pur plaisir du sensible, à l’extrême.
Une realisation de multiples étapes. Gerhard Richter commence toujours par une prise de vue photographique, la projeter sur le toile, et tracer la figure. Parfois il reproduit fidèlement l’apparence de la photo pour faire son tableau une sorte de hyperréalisme, parfois il rend le contour indéfini, flou. Le flou est une technique constante dans les œuvres figuratives de Gerhard Richter. Inconstant entre la configuration et la déconfiguration, il est, sa façon à lui de se réconcilier avec l’abstraction par le moyen du réel.

(Portrait de son épouse)

(Seconde épouse de Richter)


3 février 2008 à 10:59 (Artistes)
Tags: Abstraction, Allemagne, Gerhard Richter, Peinture

S. mit Kind, 1995, 52X56 cm

S. mit Kind, 1995, 52X62 cm

Cage, 2006, 300 x 300 cm

Red-Blue-Yellow, 1972, 150 cm X 150 cm, Oil on canvas