La conception kantienne sur le beau marque un tournant subjectif. Sa perspective sur le beau se distingue éminemment d’un courant de pensée qui date depuis la Grèce antique, Pythagore avec son école par exemple, qui ont identifié la beauté à la proportion qui était une propriété de la chose. La conception de la beauté se réfère donc à l’arrangement harmonieux du monde. A la différence de cette perspective objectiviste, chez Kant, le beau est envisagé comme situé dans le pôle subjectif : le plaisir esthétique représente effectivement une harmonie subjective, consécutive aux processus cognitifs, mais non celle qui marque les rapports mathématiques de la chose.
Bien évidement, comme les penseurs depuis la Grèce antique, Kant assimile également l’idée de beau avec celle d’harmonie et d’accord. Et comme les penseurs précédents, Kant se soucie de la problématique de l’ordre. Or, le beau selon Kant n’est plus consécutif à l’ordre de la chose, mais à celui de l’état du sujet. Il est ce qui provient de l’harmonie du libre jeu des facultés de connaître, tel que l’imagination et l’entendement, et représente l’état de l’organisation des activités de connaître.