Imagination Transcendantale
8 mai 2008 à 9:48 (Philo)
Tags: Emmanuel Kant, Imagination, Intuition, Perception
Comme j’ai dit antérieurement, seule la sensibilité définie comme pure passivité ne peut pas couvrir la notion de perception telle que l’on la conçoit aujourd’hui. Il nous faut un principe de « mise en forme » qui est l’évidence nécessaire de la spontanéité des facultés de l’âme. Il nous faudra alors aller chercher dans sa conception d’« imagination transcendantale », celle de la faculté d’imaginer, pour trouver cette première faculté de mise en forme. A cet égard, Kant donne un sens fondamentalement nouveau à cette faculté de l’imagination.
La faculté d’imaginer est située à mi-chemin de la sensibilité et de l’entendement. Elle est, à juste titre, ce pouvoir de synthèse qui mettra en forme les impressions diverses et fragmentaires. Comme la sensibilité, elle est une faculté de l’intuition et une faculté de la présentation, dont les formes a priori sont l’espace et le temps. L’imagination est dite transcendantale, dans la mesure où c’est une activité cognitive par laquelle des déterminations spatio-temporelles vont être mises en correspondance avec des déterminations conceptuelles. L’acte d’imaginer, au sens transcendantal, consiste à parcourir le divers et le chaotique provenant de nos sens, à le rassembler, à le relier, à ajouter les éléments les uns aux autres, à les assembler, à les unir etc., selon les lois d’organisation de l’âme. L’acte d’imaginer, c’est l’acte de synthétiser, l’acte de déterminer une donnée sensorielle dans les rapports de l’espace et du temps tout en y imposant le principe de l’unité par trois pouvoirs de synthèses : la synthèse de l’appréhension dans l’intuition, la synthèse de la reproduction dans l’image et finalement la synthèse de la recognition dans le concept.
Eventuellement, parler de la perception telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est parler des facultés de présenter ou d’intuitionner, les facultés de déterminer les rapports d’espace-temps. La perception telle que nous la concevons, c’est équivalent à la combinaison de deux facultés dans la conception kantienne : la sensibilité et l’imagination transcendantale. L’acte de percevoir a lieu d’abord au niveau sensible, immédiat, premier, de notre expérience. Mais c’est aussi une faculté d’intuitionner qui va donner à l’objet mental sa première mise en forme, la première unité, grâce à ses structures intuitives : l’espace et le temps.