Dynamique cognitive

Les conceptions classiques de la cognition ont souvent insisté sur le contenu au détriment de l’aspect dynamique qui est le processus de traitement cognitif, alors que les théories récentes de la cognition, souvent reposées sur une base fonctionnaliste, privilégient avant tout l’aspect dynamique des processus cognitifs et sa constitution.

Franz Brentano, dans son entreprise préalable de définir l’objet de la psychologie, attire notre attention sur une distinction essentielle : l’acte de représenter et ce qui est représenté[1], le contenu de la représentation. En effet, nous devons rendre compte de cette distinction entre activité et expérience, entre processus mentaux et leurs produits (contenus mentaux) afin d’en avoir une théorie adéquate de l’esprit.

Cette distinction est particulièrement pertinente lorsqu’il s’agit de l’acte de l’intentionnalité. Nous retrouvons ici l’acte de la conscience, qui s’oppose à son contenu, par une sorte de corrélation intentionnelle, caractéristique propre à la conscience. La cognition, la perception, l’émotion, en tant qu’états mentaux, doivent également être pensées dans cette perspective : distinction de l’acte de l’intentionnalité et de son objet visé, à savoir l’objet intentionnel. Prise dans un sens phénoménologique, c’est la distinction du cogito comme acte et du cogitatum comme son contenu ; c’est la séparation de l’acte, la noèse, et de son objet, le noème, distinction primordiale entre la faculté de connaître et le phénomène qui constituent le monde tel que nous percevons. Concevoir la perception comme acte, c’est la penser comme l’événement mental dans lequel se détermine l’apparition du monde perçu. Ainsi se distinguent le percevant et le perçu - comme nous l’a ainsi révélé la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty.


[1] Cf. Franz Brentano (1924). Psychologie du point de vue empirique. Trad. français, M. de Gandillac, Paris, Aubier, 1944.

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