Esthétique du noir et blanc vs. petit malaise visuel

Christian Volckman - Renaissance, 2006

Voilà un film que j’ai vu il y a deux ans et qui me tient toujours à cœur malgré le temps qui passe et malgré tous ces films vus entretemps. Je me souviens d’avoir eu la nausée pendant le premier quart heure du film, à cause de la mauvaise adaptation visuelle. Au départ, tout n’est pas si évident pour une spectatrice comme moi.
Le film est réalisé avec une idée graphiste tout à fait originale, qui va jusqu’à défier notre habitude de voir. Je me souviens d’avoir forcé (visuellement, mentalement, cérébralement, tout ce que tu veux!) afin de pouvoir fixer mon regard sur une figure, de trouver les bords entre deux masses, histoire de construire les “Gestalts” quoi. C’est un véritable travail de l’oeil - pendant les premières minutes, j’avais vraiment du mal à voir la profondeur de la scène, à détacher la forme de son arrière-plan, à distinguer les personnages et les objets en mouvement. Ce n’est qu’au bout d’une demi heure d’adaptation laborieuse et pénible (j’avoue) que j’ai pu finalement réussir à retrouver le bien-être de mes yeux et bien sur mon aisance cérébrale (ouf, enfin, heureusement). Ceci est une petite remise en question de l’habitude visuelle d’une spectatrice pas tout à fait paresseuse.

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