Contradiction, harmonisation

Abstraction-Figuration

L’œuvre de Gerhard Richter est d’une contradiction bouleversante. De l’abstraction à la figuration presque photoréaliste, du lyrisme au réalisme, de l’alternation entre la composition rigoureuse et la production imprévisible, entre la perfection technique et le hasard accidentel, le chemin de Gerhard Richter est pavé des grands débats artistiques de son temps. 40 ans de créativité artistique, c’est un itinéraire d’inconstance permanente, ou celui empierré des tentatives à l’harmonisation des incompatibles ? N’est-ce pas une interrogation permanente sur soi, sur l’essence de la contradiction, ou bien plutôt, une culturation du doute qui relie le surface du regard et la profondeur de l’être ? Envoûtantes comme la surface des toiles, ses œuvres sont à la fois d’une simplicité et d’une complexité attendrissante. Soutenue entre le réel et le formel, la surface du regard est une chose très particulière. Silencieuses, raffinées, ses œuvres semblent vouloir nous dévoiler l’essence du regard innocent, nous faire immerger dans l’univers des couleurs, explorer le pur plaisir du sensible, à l’extrême.

Photo-Peinture

Une realisation de multiples étapes. Gerhard Richter commence toujours par une prise de vue photographique, la projeter sur le toile, et tracer la figure. Parfois il reproduit fidèlement l’apparence de la photo pour faire son tableau une sorte de hyperréalisme, parfois il rend le contour indéfini, flou. Le flou est une technique constante dans les œuvres figuratives de Gerhard Richter. Inconstant entre la configuration et la déconfiguration, il est, sa façon à lui de se réconcilier avec l’abstraction par le moyen du réel.

Reader, 1994

(Portrait de son épouse)

Isa Genzken

(Seconde épouse de Richter)

Motorboot, 1965

Seestück, 1998

 

 

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