Pelléas et Melisande. Le Chant des Aveugles

Philippe Béziat (2008). Pelleas et Melisande. Le Chant des Aveugles.

Philippe Béziat (2008). Pelleas et Melisande. Le Chant des Aveugles.

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Qu’est ce qu’on attend de ce documentaire filmant les répétitions à Moscou de l’unique opéra de Claude Debussy, Pelléas et Mélisande ? Plutôt quelques inquiétudes. Si, Philippe Béziat, le réalisateur de ce documentaire Pelléas et Mélisande, le chant des aveugles, le procède comme la plupart des documentaires de musique, il sera trop banal de voir les fragments de musique s’entrelacer à des interviews, des morceaux de l’image de mise en scènes, et des anecdotes dans les coulisses. Souvent, ça risque de rendre le documentaire peu savoureux. Et puis, comme c’est d’une telle banalité que, dans les documentaires du même genre, l’expression de l’image filmée et celle de la musique ne vont pas toujours ensemble, elles sont souvent présentées comme deux lignes parallèles qui ne se croiseront jamais, alors on se contente du minimum en se disant qu’il suffit que le film saisit l’essentiel de l’événement, comme font la plupart des reportages documentaires. On n’ose pas demander un peu plus juste pour satisfaire le besoin de faire expérience d’une vraie œuvre d’art. On se contente alors de dire que, après tout, dans les documentaires de musique, la véritable œuvre, c’est la musique et l’interprétation de celle-ci. Le film en soi n’est qu’un moyen de diffusion des signaux sonores, un média.

Alors Philippe Béziat l’a fait autrement. Il a réalisé un vrai film de cinéma, digne du nom « œuvre ». Dans ce film documentaire, non seulement la caméra suit pas à pas l’élaboration des idées, des interprétations et de la répétition de mise en scène d’une œuvre d’opéra, de plus, la restitution et le montage de l’image, ainsi que la synthèse de tous ces éléments filmiques – sonores, visuels, conceptuels, narratifs – font de ce film documentaire une véritable œuvre d’art en soi, aussi éloquente que poétique. Une œuvre documentaire qui présente à la fois l’univers du travail interprétatif des artistes et celui de l’onirique cinématographique, l’unité harmonieuse des éléments sonores, visuels, narratifs, illustratifs, lyriques, tout à la fois. Sur l’écran, les images captivant le monde du théâtre me paraissent très érotiques et très fidèles à la sensualité musicale de l’œuvre de Debussy. À la fois scintillantes et sombres, les images filmées sont aussi envoûtantes que l’orchestration musicale.

C’est un film magnifique et sublime !! Au même titre que Pelléas et Mélisande qui est, selon moi, l’une des plus belles pièces de l’opéra français, ce film s’affichera comme un des plus beaux films documentaires de  musique des cinéastes français.

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Boy A

John Crowley (2009). Boy A. Film Britannique.

John Crowley (2009). Boy A. Film Britannique.

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Peut-on avoir une seconde chance, être innocenté, vivre comme tout le monde, après avoir commis une errance? La réponse du film Boy A nous laisse dans une grande perplexité. Le film montre la difficulté de la réinsertion dans la société d’un jeune homme, Jack, sorti du centre de détention de mineur. On est très touché par la fragilité du personnage et de l’intolérance du monde autour de lui , qui, ensemble, conduisent la réinsertion à l’échec. On voit quelques références au film culte de François Truffaut, Les 400 coups. Par ailleurs, l’image du film est sublime dans la mesure où elle capte la vulnérabilité psychologique du personnage. La simplicité de construction plastique, la prise de vue, la froideur chromatique nous inspirent une vraie émotion d’un être sensible. Au scénario touchant et à l’image sublime, il faut aussi ajouter l’interprétation d’Andrew Garfield, sans laquelle l’inconstance et la fragilité intérieure d’un jeune homme ne pourront point se manifester vivantes dans le monde fictif de la mise en scène.

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Gregory Crewdson

Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Bed of Roses from Beneath the Roses)  64 1/4 X 94 1/4 inches

Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Bed of Roses from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches

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Gregory Crewdson est probablement le plus psychanalyste des photographes américains. Fils d’un psychanalyste, le côté névrotique et obscur de la psyché l’a profondément marqué depuis son enfance et l’a incité à faire des photographies riches en narration et en implications psychologiques. Il réalise des photographies en très grand format à la manière du cinéaste hollywoodien. C’est-à-dire qu’il travaille avec une équipe de décorateurs, d’éclairagistes, de techniciens en effets spécieux et des acteurs et que les images sont les clichés des mises en scène consciencieuses. Or, avec un tel budget et une telle production à la mesure hollywoodienne, Crewdson ne cherche qu’à figer un instant éphémère et une impression fugace de la vue et de la psychologie humaine. Les séries photographiques qui m’ont plus marquées sont celles inspirées de l’art d’Edward Hopper.

Liens et critiques:

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Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Vanity from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches  (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Vanity from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Blue Period from Beneath the Roses)  64 1/4 X 94 1/4 inches  (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, Winter 2005 Digital C-print (Blue Period from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, 2001 Digital C-print (Ophelia from Twilight) 48 x 60 inches

Gregory Crewdson Untitled, 2001 Digital C-print (Ophelia from Twilight) 48 x 60 inches

Gregory Crewdson Untitled, Summer 2004 Digital C-print (Merchants Row from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches  (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, Summer 2004 Digital C-print (Merchant's Row from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches (163.2 X 239.4 cm)

Gregory Crewdson Untitled, Summer 2004 Digital C-print (summer rain from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches

Gregory Crewdson Untitled, Summer 2004 Digital C-print (summer rain from Beneath the Roses) 64 1/4 X 94 1/4 inches

Jeff Mills – The Bells

I lived on the Moon

Yannick Puig (2007) – I lived on the Moon

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